Une manche de Coupe de Belgique juniors vécue de l'intérieur

Une manche de Coupe de Belgique juniors vécue de l'intérieur

Les passionés, les simples suiveurs, les parents. Tous se demandent parfois ce qui se cache derrière cette face dissimulée de la course. Celle où l'entraîneur, son staff et les coureurs s'unissent avant de livrer corps et âme sur la route. Celle où tout se vit, tout se ressent. Celle où repose la stratégie, où se conduit l'apprentissage des plus jeunes. La manche de Coupe de Belgique à Angreau, disputée ce weekend, apporte la lumière sur les coulisses de ce qui est désormais une routine pour les passionés du club.   

Si le cyclisme est considéré, en comparaison aux autres sports populaires, comme l'un des plus accessibles, où cotoyer d'au plus près les acteurs de la course est chose facile, il n'en reste pas moins une discilpline mystérieuse. Qu'est-ce qui se dit au sein du peloton ? Quelle ambiance y règne-t-il ? Comment s'organisent les directeurs sportifs pour anticiper les faits de course ? Pour subvenir aux besoins de six coureurs, à tout moment ? 

Ce samedi, à Angreau-Honnelles près de la frontière française, les Juniors de Laurent Mars vont disputer une nouvelle manche de la Coupe de Belgique. Au bout des dix tours de douze kilomètres, l'un des coureurs en orange cherchera à succéder à Ruben Apers, qui avait réussi l'an dernier à dompter la côte d'Autreppe, l'unique difficulté du circuit.

Comme à chaque fois, ils seront confrontés à trente-deux autres formations, certaines décimées par les blessures et les absences. Notre coach a, fort heureusement, pu rassembler six jeunes garçons motivés, bien préparés. Des coureurs venus avec une véritable envie et heureux de retrouver leurs camarades. 

Rassemblés autour de l'entraîneur, ils enfilent leurs équipements, préparent leur machine. Pour rassurer ceux en proie aux doutes, Laurent Mars émet des ondes positives. Florian Adam, pour qui c'est le premier interclub de la saison, reçoit ainsi la consigne d'aller le plus loin possible. Le but pour lui est d'engranger de l'expérience.  

Se tournant vers Laurens Huys, troisième l'année dernière sur ce même parcours, Laurent n'y va pas par quatre chemins. "C'est une course pour attaquants. La fatigue et la chaleur ne feront aucune surprise aujourd'hui, c'est pour un homme fort. Donc vas-y !".  

Venu rendre service le temps d'une course, Thibault Copine joue l'homme à tout faire. Lui-même ancien coureur, cet apprenti kiné sait ce dont ont besoin les coureurs, quand et comment répondre à leurs demandes. Un atout indispensable. De son côté, il accomplit les tâches qui peuvent paraître les plus anodines, mais qui allègent son acolyte de circonstance, déjà aux petits soins avec ses coureurs.     

Il est 14 heures, il est temps de prendre la route. Aujourd'hui, Laurent sera seul dans le véhicule, un temps accompagné par Thibault. Après trois tours de circuit plutôt calmes, Thibault quitte la voiture et prend place en zone de ravitaillement. Désormais, sa mission sera d'alimenter les coureurs en bidons jusqu'aux deux derniers tours. Les parents de Tom Paquot, venus porter un coup de main, en feront de même à un autre endroit du parcours.

Peu avant le cinquième tour, Fabian Neulens et Laurens Huys connaîtront des problèmes mécaniques à quelques minutes d'intervalles. Fabian reçoit une poussette de son entraîneur après un problème de chaîne, tandis que Laurens doit changer sa roue avant. Dépanné plus tôt, Fabian offrira une magnifique image d'esprit collectif, attendant son camarade Laurens, et l'aidant à reprendre sa place dans le peloton après une longue et âpre lutte dans les voitures.

Laurent est confiant. Il sait que le problème mécanique de Laurens n'aura pas d'incidence sur ses chances. La quatrième place du club dans le cortège des voitures, synonyme d'un excellent classement par équipes, lui permet d'appréhender les faits de course et les mauvaises surprises avec plus de tranquilité.  

À l'affût des annonces de Radio Tour des numéros de dossart présents dans les offensives, Laurent Mars exulte brièvement dès qu'il entend l'un de ses protégés qui a ainsi réussi à flairer le bon coup. Et sa joie fut d'autant plus grande lorsque ce sont les numéros de Laurens et Fabian, venant à peine de faire la jonction, qui sortent.

Le peloton n'est en revanche pas à l'abri des frayeurs. Tom Paquot, se sentant au départ très bien, doit lâcher prise aux alentours des cent kilomètres. "J'ai la tête qui tourne", admet-il à son entraîneur. Les fortes températures avaient déjà provoqué le malaise d'un coureur à la mi-course, et il était exclu pour l'entraîneur d'ajouter Tom à la liste. Le Braivois gardera la tête froide, suivra les recommendations du coach et terminera la course à son rythme.

Au bout de plusieurs tentatives, c'est la bonne pour Laurens. Il fait partie du groupe de vingt-deux qui iront se disputer la victoire. Laurent reçoit alors le feu vert pour aller le soutenir derrière le groupe de tête. Le coureur descend à la voiture prendre un dernier bidon et se renseigner auprès de Laurent sur la situation. Il reste un tour. "Surtout reste bien attentif! Tu attends ici, puis tu attaques! Profite de la situation, juge le bon moment pour y aller et vas-y!

Dans une finale indécise, le tenant du titre Ruben Apers fera bis repetita. Il était bel et bien le plus costaud. Laurens finit quant à lui sixième sur la ligne, soit une légère déception après une gestion des efforts quasi parfaite. Quelques instants après en avoir terminé, les Juniors reçoivent chacun une boisson de récupération. Ils se retrouvent ensuite à la voiture pour discuter de la course et partager leur ressenti.

En guise de récompense pour leur effort collectif, ils ont droit à un morceau de tarte, offert pour l'anniversaire de Fabian. Il est désormais temps de repartir et de se préparer pour la prochaine. Et pérpétuer ce même rituel. 

 

Cyril Pélerin, chargé de communication

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